#5 Réunion Underwear

15 mars 2011
Par

CC Ricardo Martins

Toi qui, en passant dans le quartier des sex shops de ta ville as tant de fois accéléré le pas pour quitter plus rapidement ce secteur malfamé… toi qui, en surfant naïvement sur le net, hurle d’indignation quand un site de cul s’ouvre à ton insu… Toi enfin qui regardes avec dédain cette déferlante de sextoys qui envahit même les plus grandes marques de la mode… sache qu’il existe une manière bien plus sympathique et moins honteuse de se procurer ces fruits défendus : la vente à domicile, façon réunion Tupperware ! Pour toi chère lectrice, Angelene a ravalé ces aprioris, et testé une soirée Soft Paris…

Une maison de campagne, un samedi soir. Jusqu’ici tout va bien. Je frappe à la porte, et Isabelle, copine de longue date, me fait signe d’entrer depuis le salon. Tout le monde se présente, bonsoir… bises… Je vais m’asseoir sur le canapé. De ma place, je remarque aussitôt deux tenues suspendues à la poutre qui traverse la pièce, un habit d’infirmière et une nuisette en dentelle blanche. Oh là ! Espérons qu’on ne me demandera pas de les enfiler…

Des enseignantes, une psychologue, une infirmière, une coiffeuse…. forment un groupe de trentenaires presque copines, invitées via facebook. Comme quoi, la vie moderne a du bon !

Dès l’apéritif, les festivités, animées par la prénommée Sandra peuvent commencer : tandis que nous échangeons canapés, dés de fromage, crevettes et autres mignardises, armées d’un verre de vin blanc, elle distribue à chacune une feuille, un crayon et une question : quelle est la tâche ménagère que vous détestez le plus, et pourquoi ? J’y vais : « je les déteste toutes car l’ai l’impression de perdre mon temps ! » Certaines ont du mal à choisir : le repassage, l’aspirateur ou la vaisselle. Vaste problème ! Et pourquoi d’abord ? La réponse paraît si évidente ! Une fois les réponses relevées, Sandra commence la lecture : « Je déteste faire l’amour car j’ai l’impression de perdre mon temps ». Eclats de rires. « Je déteste faire l’amour car c’est tout de suite sale…car ça ne sert à rien, car mon mari ne le fait jamais… » L’atmosphère, qui n’était pas particulièrement tendue, est maintenant carrément enjouée !

Place maintenant aux marchandises : c’est vrai, c’est pour elles que nous sommes invitées tout de même, même si la plupart des filles les connaissent, voire en possèdent déjà. Notre vendeuse fait le tour du cercle en déposant sur nos mains curieuses de petites quantités de différents produits, huile de massage senteur des îles aux phéromones (pour exciter les amants), ou encore chauffante sous le souffle amoureux, avant de nous prévenir: « ne mangez pas trop pour le moment, je vais vous faire goûter des trucs ». Et hop, des dés de gruyère, l’apéro passe aux cosmétiques comestibles : poudre sucrée à la fraise, huile de massage (pour des préliminaires délicieux… miam !) aromatisée à la cerise, au caramel ou au chocolat, crayon de peinture (pour créer des petits chemins à lécher… slurp !), lubrifiants non moins gourmands, passent gaiement de mains en bouches avec délice, au milieu de moult réflexions de la gent féminine : « celui-là on dirait vraiment du chocolat », « ça a le même goût que la Barbe à Papa », ou bien encore « c’est mieux que le Nutella qui colle partout ! ». Petite précision d’ordre pratique en prime: tous ces produits ne tachent pas les draps ! Ouf !

CC Michelle

Place ensuite aux choses sérieuses : les sex toys. En guise d’amuse-gueules, on nous apporte un premier petit objet rose fluo, et destiné à dispenser du plaisir tant à Madame qu’à Monsieur : j’ai dénommé le fameux anneau vibrant. Ta-da ! Placé autour du pénis aussitôt sollicité (l’anneau sert le membre et vibre en même temps), il est équipé d’une tige qui viendra frotter le clitoris de l’amante, le tout, n’ayez crainte, en silicone.

Sandra nous demande ensuite de fermer les yeux : un objet mystère passe alors de mains en mains, qu’il faudra décrire au moment où elle arrêtera la musique. Le premier tour commence, et on me passe ce que je crois être un seul objet constitué de deux parties, reliées par un fil. Je passe à la suivante, et ainsi de suite, jusqu’à ce que l’une trouve l’identité du Schmilblick : un vibromasseur télécommandé ! Madame le place où vous savez, tandis que Monsieur… ou d’ailleurs Madame N° 2… ou bien c’est Monsieur qui le met et Madame qui… enfin c’est selon, contrôle à loisir les vibrations, dix positions en tout, qui pourront titiller discrètement mais sûrement. On comprend tout de suite que c’est bien sûr le caractère secret de la chose qui en fait le piment… Et les invitées d’imaginer alors différentes situations propices au bon usage de l’objet : dans un magasin, au restaurant avec les beaux-parents… Puis arrivent en chœur deux vibromasseurs, l’un en forme de rouge à lèvres, forcément pratique mais à ne pas sortir par erreur tout de même, l’autre en forme de papillon, et qui se fixe directement sur le pubis : le string vibrant. Pendant que l’une des invitées essaie le papillon rose, des vêtements passent et repassent : une culotte fendue permettant de garder la dentelle sexy en toutes circonstances, l’habit d’infirmière, une nuisette… Sandra n’oublie pas l’une des invitées, enceinte, et présente les boules de geisha, deux petites boules (quoique certaines les trouveront abominablement grosses !) fixées ensemble et que l’on doit parvenir, si si, à retenir dans le vagin un maximum de temps : comprenez que si vous les gardez toute la journée, c’est que vous avez un périnée de compétition. Destinées à remuscler le périnée, dont chacun sait qu’il joue un rôle non négligeable dans le plaisir sexuel, ces fameuses boules étonnent, et font rire aussi les clientes potentielles, qui s’imaginent au boulot, tentant tant bien que mal, dans le meilleur des cas de réfréner leur plaisir devant les collègues, les élèves, les patients ou les clients, dans le pire de les empêcher de tomber au fond de la culotte!

CC Tracie

Sandra commence à faire passer des catalogues Soft Paris, tout en continuant sa démonstration par le plus célèbre des sextoys : le godemiché. Evidemment vous connaissez déjà l’objet, mais en avez-vous déjà même eu un entre les mains ? Celui-ci est blanc, d’une matière particulièrement agréable visiblement, et est équipé de différentes vibrations. Mais surtout, last but not least, il est spécialement étudié pour atteindre le fameux point G. Certes, l’existence du point G elle-même est remise en question mais bon, le petit embout ne fera pas de mal de toute façon. « Celui-là c’est la Rolls des gods non? » demande une invitée. Eh bien non, même pas ! Sandra en montrera un encore plus incroyable dans un instant ! A ce stade, il faut l’avouer, c’est la curiosité qui l’emporte sur l’envie véritable d’acheter. Quand notre ambassadrice sort le fameux godemiché de compétition, et surtout quand elle le met en route, les jeunes femmes que nous sommes hallucinent littéralement : d’un rose flashy, l’objet est constitué de deux parties, chacune mue par un mouvement qui lui est propre et soigneusement étudié : alors que le faux pénis (empli à sa base d’une multitude de billes métalliques, visibles à travers le plastique translucide) tourne sur lui-même, une petite tige s’agite frénétiquement, destinée à chatouiller le clitoris. Alors qu’il passe de mains en mains, une voix s’exclame : « Non mais pourquoi c’est pas fait comme ça un mec ? ».

Toutes prennent le temps de feuilleter une énième fois le catalogue : passent en revue d’autres cosmétiques, des sangles à fixer aux portes, des kits amour vache (entendez menottes et bandeaux, chatterton fluo…), des godemichés à double faux pénis, dont je vous laisse imaginer l’usage, des boîtes de jeux amoureux, un jeu de dés phosphorescents, dont l’un indique une partie du corps, et l’autre une action : lécher/nombril ! Pour acheter, ça se passe en privé, les acheteuses emportent avec elles leur secret. Sandra enverra les colis top-secret chez l’organisatrice de la soirée, chargée de les distribuer aux copines. Il est 1h30 du matin, et nous sommes dix jeunes femmes, qui, sans se connaître auparavant, avons passé une soirée franchement très agréable. Le plaisir de passer une soirée entre fille est d’ailleurs ce que les invitées de la soirée semblent retenir le plus. L’une d’entre elles compte même renouveler l’expérience !

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